Édifié au XVIIe siècle à la demande de René de Baigneux, le château de Courcival est un exemple de château à la française. Il est inscrit à l’inventaire des monuments historiques.

Il se trouve au milieu d’un grand parc de prairies et de champs, agrémenté d’arbres centenaires, sur un coteau descendant en pente douce vers le ruisseau du Tripoulain au sud et bordé à l’ouest par le coteau occupé par l’église paroissiale. Deux grandes avenues arborées rejoignent les routes communales. L’une mène vers Bonnétable, à 6 km ; l’autre vers l’église de Courcival, située sur un promontoire offrant un vaste panorama sur la campagne environnante. En contrebas se trouve le village du même nom.


Pour en savoir plus


Gravures issues du livre « Château de Courcival », publié par Gustave de Courcival en 1908

LE CHÂTEAU

Il se compose d’un logis rectangulaire flanqué de deux tours rondes et d’un pavillon en retour. L’aile ouest faisait probablement partie de la construction ancienne. Au XIXe siècle, le domaine fut notamment agrémenté de jardins et de la tour décorative qui marque aujourd’hui l’angle sud-est de l’avant-cour. Seuls les extérieurs se visitent.

Les bâtiments sont aujourd’hui répartis entre la cour en terrasse et l’avant-cour, plus basse et partiellement entourée de douves, dans une composition axée sur l’avenue sud-nord du parc et dominée par le corps central du logis. Dans l’avant-cour, le bâtiment des communs, construit au droit de l’aile ouest du logis, regroupe écuries, sellerie, logement, remise et orangerie. La tour occupe l’angle sud-est. Construite au XIXe siècle, elle a une fonction décorative et se reflète dans les douves.

Le décor du corps central du logis est concentré sur les lucarnes ; celles de la travée centrale portent les armoiries des familles de Baigneux et de Vanssay.

ORIGINE DU NOM

La forme latine ancienne de Courcival est Curtis Civardi. Ce nom signifie le domaine de Civardus, nom d’homme germanique dont on pense qu’il vivait à l’époque mérovingienne.

LES SEIGNEURS DE COURCIVAL

La terre de Courcival a été transmise au cours du temps jusqu’à la famille Stellaye de Baigneux de Courcival, dont plusieurs tableaux sont conservés au château.

Pierre de Baigneux fut le premier à être enterré, en 1627, dans le chœur de l’église de Courcival, ainsi qu’en témoigne une inscription sur une plaque de marbre encore présente. Ses descendants y furent également inhumés.

Ses descendants, dont René de Baigneux, augmentèrent considérablement la terre de Courcival par acquisitions ou échanges. Le seigneur de Courcival servit pendant la campagne de Lorraine, à la suite de laquelle il reçut en 1635 des certificats de Louis de Bourbon. Antoine de Baigneux, chevalier et seigneur de Courcival, fut nommé chambellan du duc d’Orléans en 1674.

GUSTAVE DE COURCIVAL, MILITAIRE ET PHOTOGRAPHE

Gustave-Alexandre-Maurice-Timoléon Stellaye de Baigneux, marquis de Courcival (1834-1908), fut élève à Saint-Cyr puis à l’École de cavalerie de Saumur. Il participa à la guerre de 1870 et fut fait chevalier de la Légion d’honneur en 1865.

Membre de la Société de géographie et de la Société française de photographie, il réalisa de nombreuses photographies au cours de sa carrière militaire et de ses voyages, notamment en Algérie, mais aussi en France. Une partie de son œuvre est aujourd’hui conservée dans les collections de la Société de géographie à la Bibliothèque nationale de France.

Sans enfants, il légua le château à son petit-neveu Alain du Bourblanc, qui le rénova avec son épouse Françoise en 1929. Le château est ensuite resté dans la famille de leurs descendants, du Bourblanc et de Quelen.

L’HISTOIRE DU CHÂTEAU

La famille de Baigneux est présente dès la première moitié du XVe siècle à Courcival, terre relevant au XVIe siècle de la baronnie du Saosnois et de la châtellenie de Saint-Aignan.

Un premier logis seigneurial avec une cour rassemblant les parties agricoles est mentionné en 1521, à proximité du cimetière paroissial. Il n’en subsiste probablement que l’actuel Presbytère. Le château actuel, construit immédiatement au sud du site ancien, est peut-être édifié pour Pierre de Baigneux entre la fin du XVIe siècle et 1629, date à laquelle la maison seigneuriale est partiellement décrite : une grande salle, deux chambres basses dont l’une sur la cuisine, une grande chambre et une petite, deux cabinets, deux pavillons et une écurie.

Le château est achevé pour René de Baigneux, fils de Pierre. Les échanges et acquisitions de terres qu’il pratique au même moment peuvent correspondre à l’aménagement des extérieurs. Si les jardins et bosquets ne sont mentionnés qu’en 1730, le plan cadastral de 1835 montre clairement le lien entre le parc et le château, placé à l’intersection des deux avenues perpendiculaires qui structurent le domaine.